C'est, après la tomate
bien sûr, mon légume "fétiche". Et pourtant nous en
parlons peu. Afin de réparer cette lacune, je rédige
ce petit sujet.
Je cultive dans mon potager le "Gros
Jaune du Poitou" poireau indigène de notre
région et classé comme un "poireau d'été". Pour
autant, je lui fais allègrement faire le "tour du
calendrier" qu'il accomplit sans aucune difficulté
avec juste un tapis de feuilles aux pieds.
Bien entendu je récolte mes graines pour l'année
suivante, (la faculté de germination de la graine de
poireau est très courte).
En voici récoltés ce jour, ils avaient été semés "en
direct" le 15/04/2008. |
 |
|
|
La culture –décontractée- du
poireau.
Après avoir lu, découpé, classé et compilé une abondante
littérature concernant la culture du poireau, je me suis
aperçu que bien souvent on se compliquait la tâche pour, en
fin du compte, obtenir le même résultat qu'en ne se "cassant
pas la tête".
Naturellement on peut toujours cultiver "en mode
traditionnel" (semis, repiquage etc.) mais la procédure que
je vous propose vous évitera du travail. Plus c'est simple
et mieux c'est. On gagne du temps pour d'autres
activités…lectures et/ou roupillons…ou autres !
L'une des préoccupations du jardinier, concernant les
poireaux, est d'obtenir de beaux "fûts" bien blancs. Le
repiquage –profond- étant une manière de satisfaire ce
souhait.
Pour ceux qui achètent du "plant", pas de problème, ils
repiquent "profond".
Pour ceux qui, comme je le fais, sèment "en direct" on peut
obtenir le même résultat sans repiquer.
Semis :
# Nous sommes en fin mars/ mi avril. Je trace un sillon
assez profond (5/8 cm) que je tasse avec un tuyau plastique
fixé sur un manche à balai (allons y les bricoleurs!)
# Mes graines sont mélangées à du marc de café et je sème.
(Toujours les dernières graines récoltées, la durée de
germination des graines de poireaux étant, paraît-il, très
courte).
# Je "saupoudre" d'une légère couverture de terre tamisée,
je couvre le sillon d'un ruban de toile (vieux drap coupé en
bandes de 20 cm de large) sur toute la longueur du sillon
moins une cinquantaine de centimètres que je laisse à
découvert comme "zone témoin" pour surveiller la levée et je
plombe (avec mon bout de tuyau emmanché). Je leste la toile
(brique, tuile, pavé etc.) des fois qu'un/des chats viennent
"gratter" dans la bonne terre bien travaillée.
# J'arrose, en pluie fine avec l'arrosoir muni de la rampe
d'arrosage dans le sens du sillon (inutile d'arroser le
passe pied, ça glisse bien assez comme ça avec mon argile).
# Je maintiens le sillon humide (sans le noyer !)
Éclaircissage :
# Après 3 à 4 semaines suivant la température ça lève.
# Quand les plantules atteignent 7/8 cm environ, je procède
à un premier éclaircissage en laissant environ 4 à 5 cm
entre les plantules. Ce travail est facilité et de meilleure
qualité si l'on a pensé à arroser la veille.
# Et on arrose. Et ça pousse…surtout les adventices…
# Un petit sarclage devient nécessaire et on en profite pour
combler le sillon qui a d'ailleurs commencé à se remplir
avec la terre à l'occasion des arrosages.
# Ça pousse toujours, les mauvaises herbes aussi, un petit
coup de purin d'orties, pour ceux qui en font, amène un peu
d'azote dont notre protégé est amateur.
# Les poireaux ont maintenant la "taille d'un crayon" –nous
sommes en fin juin/début juillet- les fanatiques du
repiquage peuvent, à l'occasion d'un nouveau sarclage
éclaircir à 10 cm d'intervalle et repiquer les surnuméraires
(nous on les déguste en vinaigrette). Je repique cependant
une bonne vingtaine –des plus beaux- qui seront mes
porte-graines.
Deux rangs de poireaux entourent un rang de carottes (ils se
protègent réciproquement) Poireaux prêts pour l'hiver. |
| |
 |
 |
| |
En cours de culture.... et de
récolte.
 |
Porte graines.
 |
|
Récolte
# Après, ben on commence à consommer…en
éclaircissant encore et je continue de sarcler,
j'aime ça, assis sur mon petit banc; et je monte la
terre autour des fûts à chaque passage.
# Et on arrose de préférence de chaque côté du rang
à environ10 cm pour ne pas faire pourrir le fût.
On récolte toujours et l'automne est là.
# Un dernier sarclage va permettre de bien nettoyer
le rang et de remonter la terre au maximum le long
des fûts, ainsi bien "chaussés" ils fourniront de
beaux "blancs" et risqueront moins le gel. Un petit
"paillage" de feuilles mortes sera le bienvenu.
|
 |
|
|
Traitement contre la maladie du
poireau |
#
je revendique une, voire deux, pulvérisations d'eau chlorée
diluée à
5% pour le traitement contre la teigne c'est
parfaitement efficace. (Mais pas sur les semis! Seulement
une fois le poireau bien développé). Par contre, il ne faut
pas les laisser tremper entier dans l'eau chlorée (tout au
plus leur tremper les racines). Il faut savoir que les
anciens jardiniers, dont mon grand père, trempaient les
racines du poireau dans du pétrole avant le repiquage...mon
grand père en est mort...à
94 ans !
|
Seule la partie
enterrée du poireau, ne recevant pas la lumière, est blanche
(xanthophylle), la partie verte (chlorophylle) est la partie
qui reçoit la lumière.
Je ne sarcle pas la terre POUR enterrer les poireaux mais
pour retirer les adventices (mauvaises herbes"). Je les
butte à l'occasion du (ou des) sarclage(s) -j'en fais trois
en général-. Tout dépend sur quelle durée tu veux en avoir
et combien tu en plantes !
Pour nous, nous commençons à en consommer dès juillet et
nous allons jusqu'à mi/fin avril de l'année suivante
(période à laquelle ils montent à fleur et deviennent
inconsommables, trop fibreux ce qui va bientôt arriver dans
les quelques jours à venir).
Si tu repiques du plant, enfonces le le plus profondément
possible, pour pouvoir "butter" après sans être obligé de
monter une pyramide ! |
|
C'est vrai que le repiquage du
poireau a été l'un des sujets d'expériences de pas mal de
sadiques, certains les faisant même souffrir en les exposant
deux jours en plein soleil "pour les fortifier". Je doute
que si on en infligeait autant à ces personnes elles
ressortiraient guillerettes. |
 |
Tes poireaux "disparaissent"
rapidement ou progressivement. Tu n'aurais pas de
courtilières ("taupe-grillon") par hasard ?
Voici la bibitte, cliquer sur ==>
courtilière
|
Tu sèmes, tu es patiente (ça demande
3 bonnes semaines pour "lever") et après il n'y a plus qu'à
(voir plus haut). Mais ce n'est PAS DIFFICILE.
|
|
Je ne repique pas. Je sème "serré"
dans un sillon et j'éclaircis au fur et à mesure.
Je crois qu'au contraire il faudrait mieux espacer au
maximum. On dit également qu'il vaut mieux les mettre dans
un endroit exposé au vent (surtout pour la teigne). Je les
sème toujours à côté d'un rang de carotte dont l'odeur est
censé éloigner la mouche du poireau. Et de temps en temps
(environ 2 fois dans la saison) j'arrose de purin d'ortie,
bien que je ne sois pas -du tout- convaincu de l'effet
répulsif, mais ça fait du bien au point de vue apport
d'azote. |
En fin
de culture, les poireaux "repartent" en faisant des bulbes.
Celui-ci a té semé le 15/04/2008, il a donc un peu plus d'un
an. Très bon dans la soupe de ce soir, par contre plus
question de les manger en vinaigrette -trop fibreux-. |
|
RÉCOLTE DES GRAINES DE POIREAUX. |
|
Commençons par le
commencement.
"Le poireau est un légume bisannuel cultivé en annuel" c'est
écrit dans tous les livres et revues de jardinage ce qui
signifie qu'il pousse la première année (pendant laquelle on
le récolte) mais fleurit la seconde.
On sème les poireaux en février/mars de l'année N et on peut
les récolter à partir de juillet/août et jusqu'au mois
d'avril -inclus- de l'année N+1. Dès le mois de mai N+1, ils
développent leur tige florale et deviennent franchement
fibreux et inconsommables.
Entre le moment où l'on sème le poireau et le moment où l'on
récolte les graines qui sont issues des plants, il s'écoule
18 mois "de la graine à la graine".
Afin de maintenir la diversité génétique il est recommandé
de conserver une vingtaine de poireaux pour les amener à la
floraison. Je le fais parce que j'ai de la place mais je
pense qu'avec une demi-douzaine ce serait bien suffisant. |
|
Le "parc" de futurs porte graines
 |
Des
porte graines en fleurs
 |
|
Au mois de septembre
de l'année N+1, une fois que tous les insectes ont bien
pollinisés les fleurs, on récolte celles-ci avant que les
graines (petites et noires ressemblant à des crottes de
souris) ne commencent à tomber. Pour ce faire on
"encapuchonne" la fleur avec un sac en papier (surtout pas
de sac plastique, ça pourrirait) et on coupe la hampe
florale à environ 20 centimètres de la tête.
On suspend la tête, toujours dans le sac, en bas.
Après quelques semaines on secoue le sac bien fort ce qui a
pour effet de faire sortir la majorité des graines de leurs
"capsules". On trie les graines que l'on sépare des
impuretés (pédoncules, enveloppes) et l'on stocke soit en
sachets (de papier toujours) ou en boîte (pellicule photo,
comprimés pharmaceutiques)
Tri des graines.

Chaque tête (ici
j'écris ce que j'ai lu, je n'ai pas recompté) porte environ
2 000 (deux mille) fleurs. Chacune de ces fleurs compte,
normalement six graines (mais pas toujours). Ce qui fait
que, potentiellement, chaque tête donnerait 12 000 plants.
Tout cela est théorique, mais ce qui est sûr c'est que l'on
ne risque pas d'en manquer.
Attention! la graine de poireaux a une possibilité de
germination très courte : deux ans. De toutes façons vous me
connaissez je ne sème que des graines de l'année (pour
celles que je récolte).
|
|
Quelques questions et
réponses de Roupillon |
|
Questions |
Réponses |
| On sème les poireaux quand ? |
Je te disais donc que
pour certaines variétés de poireaux d'hiver ("Bleu
de Solaize", "Monstrueux
de Carentan" entre autres) tu peux semer jusqu'à fin
mai/début juin. Pour "mes"
Gros Jaunes du Poitou
- qui sont considérés comme des poireaux d'été- je sème fin
mars/début avril, mais je viens d'en ressemer (le 24/04)
pour voir ce que cela va donner. |
|
J'aimerais savoir comment je peux les faire grossir?
|
Ça pousse tout
doucement !
Ils aiment :
# de l'espace (une "main" environ 15 cm entre chaque
plant).
# être tenu "propres" ; sarclage impératif,
# être "recouverts" (feuilles mortes, tontes d'herbes, B.R.F.),
# de l'humidité (bon chez vous en ce moment ça ne devrait
pas poser de problème).
C'est un légume à la culture lente et longue (18 mois "de la
graine à la graine").
Il vont grossir. -un petit coup de purin d'orties peut les
"booster"-. |
Ton purin
d'ortie, tu le pulvérises ou tu arroses avec ?
|
J'arrose avec, je
considère ce produit comme un engrais car son action
"phytosanitaire" ne m'a pas convaincu.
Si tu penses à la teigne du poireau je pulvérise de l'eau
chlorée (dilution 10%). |